13 mai 2016

Manuel Pradal à l'université



Mesdames et Messieurs les enseignants de la Section Cinéma de l'Université Paul Valéry - Montpellier 3,

Vous avez invité Manuel Pradal « dans le cadre des cours de master d’Économie du cinéma et d’Analyse des mutations de la filière cinématographique » (source).
« En 2011, il se lance dans l'aventure insolite d'un atelier de cinéma avec des enfants de cinq ans, début de l'histoire de Tom le cancre, conte cinématographique libertaire tourné presque "clandestinement", pour lequel nous avons souhaité l'inviter et dialoguer avec lui. »
Par « clandestinement » vous évoquez peut-être le travail dissimulé par dissimulation d'emploi de la 15 ène d'enfants mais aussi d'une grande partie de l'équipe du tournage de Tom le cancre, « presque » car le député PS Pascal Terrasse est passé sur le tournage, ça ne s'est pas fait dans son dos, bien que par la suite, informé et saisi par mes soins, il ait lui-même demandé la possibilité de réguariser l'emploi des enfants à postériori, ce à quoi il lui a été répondu que ce n'était pas possible par la DIRECCTE de l'Ardèche.
« Manuel Pradal n'a pas voulu de distributeurs ou d'exploitants pour diffuser son film, mais simplement le relais d'une structure associative créée en Ardèche et répondant au joli nom de Lanterna Magica »
Je crois que Manuel a encore menti en affirmant ne pas avoir « voulu de distributeurs ou d'exploitants » puisque par exemple Reel Suspects était chargé de sa promotion dans divers festivals internationaux, et que la Société de Production N°7 a financé ce tournage et les droits à l'image des enfants lui ont été cédés (société qui est responsable de la dissimulations de travail par dissimulation d'emplois selon la DIRECCTE de Paris). Quant à l'association Lanterna Magica, elle a été créée à Paris, les pistes sont brouillées.
« dialogue avec l'auteur qui évoquera notamment son récent "bras de fer" pour la sortie de Benoit Brisefer les taxis rouges (2014, avec Gérard Jugnot et Jean Reno), et son éloge récent d'un cinéma "buissonnier" »
Benoît Brisefer a été un énorme bid, que Manuel Pradal prétende donner une leçon au cinéma commercial avec Tom le cancre après cet échec n'est que l'expression de son déni. Quant à son « éloge d'un cinéma buissonnier », Tom le cancre n'a pas obtenu de visa d'exploitation par le CNC, il ne l'a pas demandé, sans-doute car informé au préalable du travail dissimulé d'enfants pour ce tournage.
« Manuel Pradal partagera son expérience de cinéaste "en temps de crise" et son regard acéré sur les transformations actuelles de l'industrie cinématographique »
Par « crise » je pense que sont évoquées seulement les difficultés financières de cette « industrie ». Est-ce que cela justifierait le déni de justice, le drame familial imposé par une injustice qui protège les responsables du travail dissimulé et condamne des victimes dont un père qui s'est opposé à ce business mafieux?
Une des « mutations de la filière cinématographique » dont je peux témoigner, c'est son impunité. Que des enseignants la présente comme une alternative à des étudiants rappelle l'actualité sur la loi travail et l'insurrection que cela provoque.
Alors Mesdames et Messieurs les enseignants, qu'elle est votre position personnelle quant au travail dissimulé d'enfants et son impunité dans ce cas particulier du tournage de Tom le cancre et des suites judiciaires pour le lanceur d'alerte que je suis, et plus précisément sur votre compromission dans le fait de relayer les mensonges d'un réalisateur pour qui la faim justifie les moyens (un des symboles de l'homme-loup mis en scène dans cette fiction)?